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COLLECTION

DES

SUITES À BUFFON

AVEC LES ŒUVRES DE CET AUTEUR

UN

COURS COMPLET D'HISTOIRE NATURELLE

PUBLIÉES AVEC LA COLLABORATION

de Membres de l'Institut de.France, de Professéurs du Muséum d'Histoire naturelle. de Paris, et de diverses Facultés, de Membres de la Société Eniomolopique de os ete.

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INSECTES COLÉOPTÈRES

PARIS RORET, LIBRAIRE-ÉDITEUR

RUE HAUTEFEUILLE, 42.

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HISTOIRE NATURELLE s, une quantité prodigieuse de parallèles , très rapprochés les des autres, et Qui suivent la e direction. Ils sont orientaux 1e ceux de Marienberg, et pres- erpendiculaires : leur inclinai t de 85 à 90° du midi au nord. comme les couches d’ardoise stcomposéetoute la mon tagne, inent dun même côté, tout au ae de 50°, ilarrive qu’elles sont traversées par ces filons, sans er de nature , car l’ardoise qui le mur du filon : eSt entière- semblable à celle du toit. Sur rgeur de trois toises » il se quatre, et quelquefois cinq veines ; de manière que le toit le est précisément le mur de ». Le filon appelé Stief-mutter ité à la profondeur de 14 toi- de Christ-Bescherung »à cello ses,

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DE L'ÉTAIN. 275 mitif, et pour la plus grande partie ; granitique. Elle est traversée, suivant sa longueur, par une chaîne de colli- nes de granit, presque par-tout dé- composé,

C’est, en général, dans ce granit, que courent , de l’est à l’ouest, une multitude de filons d’étain qui sont d’une étendue immense; car on les re- trouve encore dans les îles de Scilly ou Sorlingue, qui sont à sept ou huit lieues à l’ouest de la terre ferme.

Ces mines sont exploitées depuis la plus haute antiquité ; et il paroît que c’est de-là, que les Phéniciens et les Carthaginois tiroient l’étain qu’ils mettoient dans le commerce. Dans le treizième siècle , elles étoient affer- mées aux Juifs.

Le produit annuel de ces mines est actuellement de soixante mille quin- taux d’étain. Pour les obtenir, il faut extraire la prodigiense masse de deux cent cinquante- deux mille milliers”

4

HISTOIRE NATURELLE

INSECTES

——

COLÉOPTÈRES

X

HISTOIRE NATURELLE

INSECTES

GENERA

COLÉOPTÈRES

ou

EXPOSÉ MÉTHODIQUE ET CRITIQUE DE TOUS LES GENRES PROPOSÉS JUSQU'ICI DANS GET ORDRE D'INSECTES.

PAR

MM. Tn. LACORDAIRE ær F. CHAPUIS

TOME DIXIÈME FAMILLE DES PHYTOPHAGES.

PAR

M. F. CHAPUIS Chevalier de l'Ordre de Léopold, Membre de l'Académie royale des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Belgique, Docteur en Médecine et en Sciences naturelles, etc.

PARIS

A LA LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE RORET, RUE HAUTEFEUILLE, 12. 1874

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AVANT-PROPOS

Le plus beau monument qui ait été élevé à la Science à l’époque moderne, est, sans contredit, cette belle col- lection d'ouvrages, désignée sous le nom de Nowvelles Suites à Buffon ; toutes les connaissances acquises dans l’un ou dans l’autre des trois Règnes de la nature s’y trouvent consignées et mises en lumière.

Parmi ces publications, le Genera des Coléoptères oc- eupe un rang distingué par son utilité scientifique et par l'étendue du sujet qu’il embrasse. Il s’agit, en effet, pour composer ce recueil, d'étudier et de soumettre à une cri- tique approfondie plus de dix mille genres; il faut en faire l’histoire scientifique, en exposer la distribution géogra- phique, rechercher leurs affinités et les grouper, autant que possible, dans un ordre naturel. La tâche est im- mense. Le Professeur Lacordaire, à qui elle fut confiée, après y avoir consacré dix-huit années de sa vie, aidé par la mémoire la plus heureuse, par de vastes connaissances, par une sagacité remarquable, n’a pu achever son œuvre. Neuf tomes sur onze étaient terminés, lorsque, le 18 juillet 1870, l’illustre professeur de l'Université de Liége, fut enlevé à la Science.

Personne mieux que lui n’était à même d’entreprendre ce grand travail; un coup-d’œil rapide sur sa vie et sur ses études antérieures permettra d’en juger.

Jean-Théodore Lacordaire naquit dans le département

de la Côte-d'Or, à Recey-sur-Ource. Déjà, pendant le cours de ses humanités, il manifesta une inclination pro- noncée pour l’histoire naturelle; mais l’état de fortune

UE AVANT-PROPOS. de sa famille ne lui permit pas de se livrer uniquement

à ses goûts De 1 QATAR. il fut envoyé au Havre, dans une on de & rce. Des circon- stances fortuites, en apparence, décident souvent de nos destinées. Le jeune Lacordaire aimait la nature. Souvent, dans un port de mer aussi fréquenté que celui du Havre, il avait assisté au départ des navires de long cours, il les avait vus gagner la haute mer et disparaître à l’ho- rizon ; son imagination accompagnait les passagers, il as- sistait en idée à leur débarquement, il admirait avec eux le splendide spectacle de la nature sous les tropiques.

Sans cesse, les productions naturelles rapportées de ces riches contrées, s’étalaient sous ses yeux et ilse disait que, lui aussi, pourrait découvrir et recueillir ces charmants insectes qui excitaient son admiration. Il ne put résister à tant de séductions, et il n'était pas âgé de 24 ans qu’il s’embarquait pour le Nouveau-Monde. Il arriva à Buenos- Ayres. 2

Nous ne le suivrons pas dans ses excursions au travers de l’Amérique méridionale, de Buenos-Ayres à Mendoza, ni dans son retour en France, ni dans les voyages sub- séquents qui le ramenérent au Chili, à Rio de Janeiro, ni dans la Guyane française. Il à dépeint lui-même dans divers recueils ses impressions, ses découvertes, ses ob- servations sur les mœurs des animaux qu’il a observés et principalement sur les habitudes des insectes. Pendant les divers séjours qu’il fit à Paris, il fut en relations sui- vies avec les savants les plus distingués de l’époque; il assistait à leurs réunions ; tous ses moments étaient con- sacrés à l'étude de l'Histoire naturelle.

Au lieu de passer ses jours à aligner des chiffres, à transcrire des opérations commerciales, à poursuivre la fortune, il se dévouait à la Science ; la nature entière de- venait son grand livre.

Vers l’année 1836, il faisait de nouveau ses préparatifs pour revoir le Nouveau-Monde, lorsque la santé chance- lante de sa mère l’empêcha de mettre ce projet à exécu- tion. Sur ces entrefaites, il se maria et, peu après, il ac-

AVANT-PROPOS. IIL

cepla la chaire de Zoologie et d’Anatomie comparée à l'Université de Liége. Il était fixé.

Au milieu de ces vicissitudes, Lacordaire ne cessait de travailler et de rédiger ; il avait achevé le premier volume de son /ntroduction à l'Entomologie, de ce bel ouvrage qui révéla tout d’abord ce que l’on devait attendre de lui. Le second volume était à peine terminé que Lacor- daire avait déjà repris un sujet d’études : la Monographie des Erotyliens ne devait pas tarder à rehausser la haute estime qu'il s'était acquise dans le monde savant:

Son activité était réellement étonnante : outre diverses publications sur des sujets variés, outre les soins con- stants qu'il devait donner à ses cours, Lacordaire avait encore trouvé moyen demettre la dernière main au pre- mier volume d’une immense Monographie, celle des Co- léopières subpentamères de la famille des Phytophages. Il faut avoir traité de pareils sujets pour se rendre compte de la persévérance, du zèle, de l’activité qu'ils comportent; et cependant, le second volume de cette Mo- nographie, plus considérable encore que le premier, était livré au monde savant trois ans, à peine, après le premier.

C’est vers cette époque, que Lacordaire fat sollicité par l'honorable Editeur des Suites à Buffon, pour qui il avait déjà composé l'Introduction à l’Entomologie, de faire pour les Coléoptères, ce que d’autres savants avaient fait pour les diverses branches de la Zoologie, c’est-à-dire de résumer les connaissances que possède la Science à ce sujet.

Comme nous l’avons dit, personne n'était mieux à même de traiter un sujet aussi vaste. Lacordaire avait longtemps parcouru les contrées les plus riches du monde en Coléoptères ; il avait observé(les mœurs et les habi- tudes de ces insectes avec une intelligence et ‘une sa- gacité des plus remarquables. Dans son premier grand travail, l’Introduction à l’Entomolôgie, il avait eu à con- sidérer les insectes dans lour ensemble ; rien de ce qui les concerne n’avait pu être négligé ; leur anatomie, leur physiologie, leur rôle dans la nature, leur distribution

D

IV AVANT-PROPOS.

géographique, leurs mœurs variées avaient tour à tour été l’objet de ses méditations et de ses recherches. C’est par ces études générales que nous apprenons à connaître l'importance des détails, la valeur des moindres faits. Aussi, les Monographies que nous devons à Lacordaire témoignent de la justesse, de la précision et de la saga- cité de sa belle intelligence.

Et que ne pouvait-on pas espérer, si Lacordaire, après avoir achevé les longues et pénibles recherches que ré- clament l'étude et l'examen critique de dix mille genres, avait pu, résumant ses connaissances, nous faire part de

ses vues sur la classification encore controversée des Co-

léoptères, sur leur organisation si complexe, sur leur distribution à la surface du globe. Il n’a pas eu la satis- faction d'achever son œuvre.

Longtemps Lacordaire a été notre maître, toujours, il fut notre guide et notre ami. Si nous éprouvons une in- time satisfaction de continuer les recherches d’un homme que nous avons beaucoup aimé, ce n’est pas sans une certaine appréhension que nous nous engageons sur les traces d'un savant aussi consommé. Pour tâcher de nous y maintenir, nous ne reculerons dévant aucun labeur, nous n’épargnerons aucune peine, et la conviction d'être utile au monde entomologique soutiendra notre courage.

Il n’est pas nécessaire de dire que nous. avons con- servé le cadre qu'avait adopté le Professeur Lacordaire. Un seul changement nous à été imposé par les circon- stances : depuis l'excellente publication de MM. Harold et Gemminger, le Catalogue des Coléoptères, il est de- venu superflu de s'occuper de l’'énumération des espèces de chaque genre. L'espace réservé à cette nomenclature sera consacré à d’autres détails appropriés au but de l'ouvrage.

Verviers, février 1873.

GENERA

COLÉOPTÈRES

FAMILLE LXIX.

PHYTOPHAGES.

Tête médiocre, arrondie , rarement oblongue et prolongée en.un museau obtus, libre ou plus ou moins engagée dans le prothorax. Epistome distinct ou non. Labre toujours apparent, transversäl. Mandibules en général robustes, épaisses, courtes, à pointe large et dentée, rarement simple. Mâchoires peu développées, terminées par deux lobes, l’interne simple, l’externe grêle, souvent bi-articulé et palpiforme, avec des palpes 4-articulés et en général filiformes.— Lèvre inférieure dépourvue de sous-menton apparent, formée d'un menton le plus souvent transversal et tès-court, d’une languette simple ou formée de plusieurs pièces, le plus souvent petite, subqua- drangulaire, entière et coriacée, rarement plus développée, membra- neuse et bilobée; de palpes labiaux tri-articulés. Yeux petits, fine- ment granulés, souvent sinués ou émarginés à leur bord interne. Antennes insérées au bord antérieur et interne des yeux dans le plus grand nombre, sur le front ou même sur le vertex dans quelques groupes; écartées à leur base plus ou moins rapprochées; tantôt filiformes, tantôt grossissant légèrement et peu à peu vers l'extrémité; rarement aussi longues que le corps, formées de 44 articles, avec un 12 artiele appendiculaire dans un grand nombre ; par exception, com- posées d'un nombre moindre, de 10, de 9, de 8 et même de 4.

Coléoptères. Tome X. 1

2 PHYTOPHAGES.

Pronotum très-variable. Elytres bien développées et recouvrant complétement le corps, très-rarement raccourcies et laissant une par- tie de l'abdomen à découvert. Prosternum et mésosternum aussi variables dans leurs formes que le prouotum. Abdomen formé en dessous de cinq segments. Pattes médiocres ou petites, cachées sous le corps, rarement plus développées et apparentes; cuisses postérieu- res souvent renflées; tibias simples, non dentés en dehors; tarses sub- pentamères, les 3 premiers articles larges et garnis en dessous de poils serrés formant une brosse plane ; article onguéal muni à sa base d’un article appendiculaire et terminé par des crochets de structure très- variable.

Larves courtes, généralement convexes en dessus, munies de six pattes propres à la locomotion. .

Aucun des caractères ci-dessus, pris isolément, ne peut servir à dis- tinguer les Phytophages des autres familles de la section des Subpen- tamères ; comme pour celles-ci, un ensemble de caractères plus ou moins important est indispensable pour établir la distinction. Par leur régime et leur genre de vie uniformes, on comprend que cette distinction doit être plus difficile à saisir que chez les Pentamères, néanmoins elle n’est pas toujours nettement caractérisée.

Parmi les coléoptères considérés dans leur ensemble, les Phytopha- ges sont ou de petite taille tout, au plus de taille moyenne; les plus grands sont représentés par les SAGRA, les ALURNUS et certaines Chry- somèles; par contre, les pays chauds nourrissent des Halticides dont la taille mesure à peine un millimètre de longueur. Quant à la forme, elle est éminemment variable; oblongue chez les Eupodes, elle de- vient cylindroïde chez les Camptosomes ; arrondie ou subovalaire, très-convexe et parfois subhémisphérique chez les Cycliques; enfin, chez les Cryptostomes, elle affecte deux formes très-différentes, allon- gée chez les Hispides et subcireulaire chez les Cassidides.

Eu égard à la coloration, les Phytophages peuvent être classés parmi les insectes vivement colorés. Mieux partagés que les Carabi- ques, que les Coléoptères aquatiques, les Coprophages ou les Scolyti- des, ils sont moins richement dotés que les Buprestides ou que cer- tains groupes de Lamellicornes. Si on les compare aux Curculionides et aux Longicornes, on recounaîtra que les nuances sont plus vives et plus brillantes chez les Phytophages, mais elles paraissent plus flat- teuses et plus agréables à l'œil chez les Curculionides et surtout chez les Longicornes. Ce résultat est produit par la vestiture des parties supérieures du corps. Les Longicornes et plus souvent encore les Curculionides sont reyôtus de poils couchés ou de squamules, qui donnent à leurs parties un aspect velouté. Au contraire, le corps des Phytophages est lisse, poli, souvent comme vernissé; rien ne modifie le brillant, la vivacité des couleurs.

PHYTOPHAGES, E]

La tète affecte quatre formes différentes, correspondant assez exac- tement aux quatre grandes divisions qui partagent les Phytophages. Chez les Eupodes, c’est-à-dire les Sagrides, les Donacides et les Crio- cérides, la tête est oblongue, prolongée en avant en un museau plus ou moins distinct; elle est libre, dégagée du prothorax et parfois portée par une espèce de cou. La forme oblongue se raccourcit in- sensiblement, et la tête, en prenant un contour arrondi, se retire de plus en plus et par degrés dans la cavité antérieure du prothorax; en même temps, le front devient plan, vertical, ‘et la bouche, au lieu d'être dirigée obliquement en avant, regarde directement en bas et parfois même en arrière. Cette disposition caractérise surtout la sec- tion des Camptosomes. Chez les Cycliques, la tête est subarrondie ou légèrement oblongue, et ses rapports avec le prothorax tiennent le milieu entre les deux dispositions précédentes, moins dégagée que dans la première et plus libre.que dans le deuxième. Enfin chez les Cryptostomes, la disposition de la tête ne peut se rapporter à aucune des formes précédentes; quoique visible chez les Hispides, elle est à peu près exactement conformée comme chez les Cassidides, chez les- quelles elle est presque toujours complétement recouverte par l’ex- pansion du bord antérieur du pronotum. On dirait, dans ces deux groupes, que le front a été replié sur lui-même, de manière que la bouche a été refoulée vers le bas ou mème en arrière. Aussi est-elle toujours complétement invisible par le haut, ce qui a valu à ces Phy- tophages la désignation de Cryptostomes.

La conformation et: la composition des antennes, ainsi que leur mode d'insertion, demandent quelques détails. Comme dans la grande majorité des Coléoptères, le nombre normal des articles est de 41, mais il n’est pas rare de rencontrer à l'extrémité du onzième, un ar- ticle appendiculaire plus ou moins distinct, parfois même aussi déve- loppé que l’article précédent (Myoprisris). Par contre, ce nombre de 11 acticles, se trouve parfois réduit à 40 (Psyzziopes), à 9 (NoNarTHRA) ou même à 5 et à 4 chez certaines Hispides. Ce sont les antennes fili- formes que l’on rencontre dans la grande majorité des espèces ; sou- vent aussi elles s'épaississent vers l'extrémité, tantôt d’une manière graduelle, comme chez les Chrysomélides, tantôt d'une manière brus- que, c’est-à-dire que l’on trouve sur la longueur de l'organe un en- droit deux articles voisins diffèrent, d’une manière plus moins apparente, par leur largeur (Monachites). Chez d'autres espèces (Mé- galopides, Clytrides), les antennes, notablement plus courtes, sont ou dentées ou pectinées. Les autres modifications sont tout à fait ex- ceptionnelles : on connaît des antennes flabellées (DiPyLLocera, DiampitA), des antennes subclaviformes (MicrorHopALA), des anten- nes très-irrégulières et difformes (Galérucides).

L'insertion de ces organes est le point le plus important à considé- rer. Elle a lieu de plusieurs manières : elle peut se faire au bord in-

4 PHYTOPHAGES.

‘terne et antérieur des yeux, et, dans ce Cas, les antennes sont sépa- rées par toute la largeur du front, comme dans la plupart des tribus; ou bien elles sont légèrement rapprochées à leur base (Donacides), quoique conservant les mêmes rapports avec les yeux. Enfin, chez les Galérucides, les Hispides, les Cassidides, les antennes, toujours rapprochées à leur origine, sont insérées entre les yeux, sur le front et mème sur le verlex.

Les yeux ne présentent rien de bien particulier à noter. Ils sont en général médiocres, finement granulés, sinués ou échancrés à leur bord antéro-interne. Chez quelques Cryptocéphalides seulement (Sco- Locærus), ils se développent dans le sens transversal, et parfois ne laissent entre eux, sur la ligne médiane, qu'un espace très-étroit. Je ne connais des yeux grossement granulés que chez les Cyrronus. Comme dernière modification, il faut signaler la présence, soit en arrière, soit eu dessous, d’une orbite, qui rendant les yeux plus saillants, fait paraitre la tête plus large et comme rétrécie en arrière.

L'étude des organes buccaux, ordinairement si féconde en résultats utiles pour la disposition systématique des groupes, à perdu sa valeur dans la famille actuelle. Lorsqu'on à mis de côté quelques formes exceptionnelles, la structure reste à peu près constamment, sinon identique, au moins si uniforme, que les modifications légères ob- servées dans quelques types, peuvent à peine se traduire dans le langage.

L’épistome est distinct ou confondu avec le front; il est toujours immobile, sauf dans le seul genre CHEILOXENA qui reproduit ainsi un caractère propre aux Longicornes.

Le labre est apparent et ne varie que dans des limites restreintes.

Les mandibules sont en général robustes, courtes, à pointe large, tranchante ou sinueuse et dentée. Elles s'allongent parfois et font saillie au-delà du labre (MeGAMERUS, EURYOPE, Cywo, quelques Cly- trides d'); leur extrémité est rarement simple, aiguë (Sagrides).

Les mâchoires sont peu développées, le plus souvent de consis- tance cornée ; le lobe interne est constamment inerme et cilié, sem- blable à l'externe ou notablement plus large et concave (Eumolpides). Quant au lobe externe, il est simple, allongé ou bi-articulé et palpi- forme. Latreille avait attaché une grande importance à cette COMpOo- sition et avait attribué un lobe simple à ses Eupodes et un lobe hi- articulé aux Cycliques. Des études plus complètes ont démontré qu'il existe de nombreuses exceptions à cette loi et par suite, ce caractère perd beaucoup de son importance. Les pulpes maxillaires sont tou- jours formés de # articles, de longueurs relatives variables ; le der- nier est le plus souvent ovalaire, légèrement tronqué au bout, par- fois subsécuriforme (MEGAMERUS, Paropsis), ou grêle et acuminé {(Mecauoripes). Sans parler de certaines formes tout-à-fait exception-

PHYTOPHAGES. 5

nelles (PALPOXENA), ces palpes, à défaut d’autres caractères, peuvent être pris en considération au point de vue générique.

D'une manière générale, la lèvre inférieure se compose chez les Phytophages, d’un menton, d’une languette et de palpes. Le sous- menton ou pièce prœæbasilaire est soudé à la pièce basilaire ou occi- pitale et forme le bord postérieur du cadre buccal. Le menton est transversal, ordinairement très-court, son bord antérieur est tronqué ou émarginé ; dans le seul genre Raœeus, ce menton apparaît sous forme d’une assez grande lamelle quadrangulaire. Les palpes, tou- jours de trois articles, suivent en quelque sorte les maxillaires danÿ leurs variations ; d’après le docteur Baly, ils manqueraient tout-à- fait dans le genre Caænriprona de la tribu des Hispides.

Dans les différents groupes de Phytophages, sauf les Sagrides et les Hispides, la languette varie très-peu ; presque toujours elle est cor- née, de forme subcarrée ou transversale, à bord antérieur droit; convexe ou légèrement émarginé. Chez les Sagrides, elle est tantôt fissile et semi-cornée, tantôt très-grande, membraneuse, translucide, échancrée ou bilobée. Elle paraît composée de plusieurs pièces chez les Hispides, et ses rapports avec les palpes labiaux semblent modifiés.

Au contraire des organes buccaux, le prothorax joue, dans la fa- mille actuelle, un rôle de toute première importance, et doit être étudié dans sa forme aussi bien que dans ses rapports avec les élytres.

Chez les Sagrides, les Donacides, les Criocérides, quelques Eumol- pides,un plus grand nombre de Galérucides, le pronotum est presque toujours notablement moins large que les élytres à leur base. Dans les autres tribus, si parfois il est un peu moins large que les élytres, le plus ordinairement la différence de largeur est peu sensible. Il dé- passe rarement les élytres en largeur, ainsi que cela a lieu chez quel- ques Eumolpides, Chrysomélides et Cassidides.

Le développement relatif du pronotum et des élytres n’est pas la seule chose à considérer, l'étude de leurs rapports réciproques n'est pas moins importante. Le pronotum jouit d’une mobilité plus ou moins complète selon la manière dont il est accolé aux élyres. Ainsi, chez les espèces cet organe est coupé carrément en arrière et se trouve simplement juxtaposé aux élytres, on comprend que le pro- thorax est mobile dans tous les sens, c’est-à-dire de haut en bas et la- téralement. D’autres fois, au contraire, le bord postérieur du prono- tum est largement échancré en arc de cercle, de chaque côté, et son milieu présente un lobe plus ou moins prolongé en arrière. Dans ce cas, la base des élÿtres offre une échancrure destinée précisément à recevoir ce lobe médian, et par suite de cet emboitement, le prono- tum, enchâssé comme un coin, ne peut se mouvoir latéralement : il est immobile ou peu s'en faut. Ces deux dispositions se reproduisent fréquemment chez les Phytophages, et il n'est pas nécessaire d’en ci- ter des exemples.

6 PHYTOPHAGES.

Quant à.la forme de ce premier segment thoracique, elle est glo- buleuse chez quelques Eumolpides, et les bords latéraux sont tout à fait effacés. Cette absence des bords latéraux, qui constitue un bon caractère, se remarque encore dans d’autres groupes. Parfois aussi ils sont remplacés par une légère rainure ou par une série de dents plus ou moins complète. Bon nombre de groupes, notamment les Pachy- brachites, les Stylosomites, ont un corselet de forme cylindroïde, avec

. des bords latéraux peu ou point saillants. Une conformation diamé- tralement opposée est celle que nous offrent les Cassidides, les bords latéraux et antérieurs, confondus sous une même courbure, s’étalent en s’amincissant au point de recouvrir complétement la tête. L'écusson manque très-rarement (Stylosomites) ; il est extrêmement petit et souvent caché chez les Ouopzara (Cassidides). Partout ailleurs, il est plus ou moins développé. Parfois, contrairement à sa forme ha- bituelle, il est élargi en arrière et atténué en avant, et cette partie amincie peut être reçue dans une échancrure du pronotum, comme cela a lieu chez quelques Cryptocéphalides et les Chlamydes. Dans un genre de cette dernière tribu, nommé Draspis, d'après la forme mème de l’écusson, celui-ci paraît dédoublé : c’est le métascutellum, qui, au lieu d’être recouvert par les élytres, apparaît à la surface. L'écus- son peut présenter au sommet une échancrure plus ou moins profonde (Temvasris), ou bien une double échancrure et trois saïllies aiguës (PsEuDocoLASPIS).

Les élytres, qui, par leur forme et leur développement, impriment au corps son aspect général, présentent peu de particularités à noter. Dans un grand nombre de Clytrides, de Cryptocéphalides, de Chla- mydes, elles sont munies de lobes épipleuraux plus ou moins déve- loppés. On sait que chez quelques Hispides et chez toutes les Cassi- dides, les bords latéraux s’élargissent d’une façon tout exceptionnelle et débordent le corps de tous côtés. Il est très-rare que les élytres se raccourcissent et laissent à découvert une partie de l'abdomen, ainsi que cela a lieu dans les genres Rupicra, METAcycLA, etc.

Les aïles inférieures, généralement amples, font très-rarement dé- faut (TiarcHA, Dicryneis, COLASPIDEA).

La structure du prothorax à sa face inférieure présente, comme le pronotum, des modifications nombreuses, dont il est extrêmement important de se rendre compte. Il suffit d'examiner quelques Phyto- phages pour reconnaitre que le prosternum peut ou bien disparaître entre les hanches antérieures ou bien affecter une largeur plus ou moins considérable. Ces modifications n’influent pas seulement sur le plus ou moins d’écartement des hanches, mais encore elles sont en rapport avec la forme de ces dernières. Des hanches globuleuses, co- nico-sphériques ou transversales, dit le prof. Lacordaire, coexistent presque toujours avec une saillie prosternale bien développée, tandis que toutes les fois qu'on rencontre des hanches cylindriques ou cy-

PHYTOPHAGES. 7

lindro-coniques, saillantes par conséquent hors des cavités cotyloïdes, on observe en même temps qu'elles se touchent sur la totalité ou la plus grande partie de leur face interne; en d’autres termes, que la saillie prosternale manque complétement ou n’existe qu’à l’état de vestige. Il est évident que la facilité de la locomotion varie selon la disposition et la saillie des hanches. On comprend à priori l'impor- tance de ces modifications. Aussi la présence ou l'absence du proster- num entre les hanches constitue un excellent caractère pour séparer les tribus les unes des autres. D'autre part, la forme du prosternum, l'état de sa surface, ses différents bords, son sommet et sa base, en un mot toutes les particularités qui se trouvent réalisées dans cette multitude d'insectes, constituent des caractères génériques d’une va-, leur incontestable.

Nous avons exposé les rapports du pronotum avéc les élytres, et nous avons constaté que ces rapports influent d’une façon toute par- ticulière sur les mouvements de latéralité du premier. La manière dont le prosternum se comporte à l’égard du mésosternum, possède également son influence sur les mouvements de haut en bas du pre- mier segment thoracique. Dans les espèces, telles que les Coros- poïnes, parmi les Eumolpides, beaucoup de Cryptocéphalides, de Chrysomélides, lorsque le prosternum est coupé carrément en arrière et que sa base s'appuie largement sur le mésosternum, on admettra que cette structure en arc-boutant, tout en donnant de la solidité à cette partie du corps, limite ses mouvements de haut en bas. Au con- traire, lorsque le prosternum est étroit et fortement abaissé en arrière des hanches, il est en quelque sorte indépendant du mésosternum; il gagne en mobilité ce qu’il perd en solidité. Il arrive même quel- quefois (Cazamys, Spizopyra) que le mésosternum est creusé d'une fossette et reçoit dans cette excavation l’extrémité de la saillie pro- sternale qui s’y trouve engagée comme un coin. Ailleurs (quelques Hispides), cette saillie refoule le mésosternum et vient s'appuyer sur le métasternum.

Au point de vue systématique, les rapports du prosternum avec le mésosternum sont tout aussi importants que la présence ou l'absence du premier. En étudiant les Phytophages sous ce rapport, on trouve que les Sagrides, les Donacides, les Criocérides, les Mégascélides, les Mégalopides, les Clytrides, la plupart des Galérucides ont le proster- num libre en arrière. Cette disposition est plus rare chez les Eumolpi- des, les Chrysomélides, et à peu près inconnue dans les autres groupes.

Des trois arceaux inférieurs du thorax, le premier est celui les parties constitutives sont le moins distinctes; dans la majorité des es- pèces, les sutures ont disparu et il est à peu près impossible de les délimiter exactement. Il est très-rare (Dermoxanraus) de rencontrer des espèces les épimères soient parfaitement circonscrites par des sutures. Il n’y a, par conséquent, rien de spécial à noter à leur égard,

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si ce n’est leurs rapports avec le prosternum en arrière des hanches. Tantôt l'angle postérieur externe de ce dernier se prolonge en dehors derrière les hanches, et rejoint un prolongement analogue des épi- mères, de manière à former à la cavité cotyloïde un bord entier; tantôt, il existe entre le prosternum et son épimère une lacune plus ou moins considérable en arrière des hanches, et la cavité cotyloïde est incomplète. IL faut remarquer cependant que cette solution de continuité n'est qu’apparente; il y a toujours connexion entre le pro- sternum et l'épimère, seulement elle a lieu intérieurement et échappe à nos recherches.

Au contraire, les épisternums prothoraciques sont presque toujours bien limités. Comme les autres organes, ils peuvent, le cas échéant, servir à distinguer les genres, les groupes et même les tribus. Chez les Chrysomélides, l'épisternum prothoracique constitue un rectangle allongé dans le sens transversal, et limite en avant la cavité cotyloïde. Cette disposition est liée à la forme ovalaire des hanches antérieures. Etudié chez les Eumolpides, cet épisternum nous offre uue forme ir- régulièrement triangulaire ou trapézoïdale, il se porte en arrière le long du bord externe des cavités cotyloïdes, et celles-ci sont subcir- culaires. La conformation des épisternums prothoraciques avait été donnée par M. Baly (1) comme caractère distinctif des Eumolpides et des Chrysomélides. De son côté, M. Stäl (2), pour distinguer ces deux mêmes groupes, avait signalé, presque à la même date, la forme des hanches transversales et ovalaires chez les Chrysomélides, et cylin- driques chez les Eumolpides. Il est aisé de comprendre la corrélation intime qui existe entre ces deux notes distinctives. En réalité, elles ne constituent qu'un seul et même caractère. Comme cela arrive fré- quermment, il admet quelques rares exceptions; mais les éminents entomologistes que nous venons de citer n’en ont pas moins, l’un et l’autre, le mérite de la découverte.

Deux particularités nous restent à signaler touchant le prosternum : la forme du bord antérieur de son épisternum d’abord et ensuite l’état des sutures. Ces dernières, qui ont été étudiées tout particuliè- rement chez les Eumolpides par le D' Baly, peuvent disparaître et cette disparition a été utilisée comme caractère générique. Enfin, cet épisternum a offert dans le développement de son bord antérieur des modifications que l’on doit connaître. Chez quelques Eumolpides (Parra, DermoxanTaus), il est convexe et dilaté en forme d’oreillette ; chez d’autres, son extrémité externe s'avance jusqu'à toucher l’angle antérieur du pronotum. Dans une Tribu aussi difficile à étudier que celle des Eumolpides, ces différences de structure doivent être prises en sérieuse considération.

(4) Journal of Entomol, 4, p. 24. Avril 1860. (2) Monogr. d. Chrysom. de l’Amér. Jntrod. p. 4. Juin 1860.

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Le mésosternum ne présente de modifications que dans sa partie moyenne; les épisternums et les épimères qui en constituent les par- ties latérales, sont à peu près toujours configurées de même et ne nous ont pas paru pouvoir être mises à profit dans la classification. Au contraire, la partie intercoxale joue un rôle important, Celle-ci, la plus saillante et la plus visible, lorsqu'on examine l’insecte retourné sur le dos, peut disparaître soit en totalité, soit en partie, et cela de deux manières différentes : tantôt par le rapprochement des hanches moyennes (ORsODAGNA), tantôt par la contiguité du prosternum et du métasternum (GaviRGA, MNioPHiLA, APTEROPEDA). Au lieu de diminuer, : le mésosternum peut s’agrandir, soit en largeur, soit en hauteur; ses dimensions et sa forme sont éminemment remarquables, comme on sait, dans un bon nombre de Chrysomélides du Nouyeau-Monde (Do- RYPHORA).

Quant au métasternum, il n'éprouve que de très-légères modifi- cations. Dans des cas très-exceptionnels, il se prolonge en avant à la rencontre du prosternum. Sa partie antérieure, dans le genre Mas- TOSTETHUS (Mégalopides) prend la forme d’un cône ou d’une carène qui s'avance entre les hanches intermédiaires en refoulant la saillie mésosternale. Une disposition très-analogue s’observe dans les genres PLECTONYCHA et STETHOPACHYS ; mais ici la saillie du métasternum s’accole à une saillie analogue du mésosternum et parfois se prolonge avec elle en avant. Dans une espèce de Chrysomélide, la €. nigro- fasciala, qui devra probablement constituer le type d’un genre spé- cial, le métasternum se comporte exactement comme le mésosternum chez les Dorypaora et s’avance entre les hanches moyennes sous

- forme de saillie conique. Quant aux parapleures métathoraciques, elles jouent un certain rôle chez les Chrysomélides, mais leurs modifica- tions de forme ne demandent pas de mention à part.

I ne nous reste plus à examiner, à la partie inférieure du corps, que la constitution de l’abdomen. Toujours formé de cinq segments, il affecte deux formes essentiellement différentes : l’une est propre aux Phytophages Camptosomes, l’autre aux trois autres sections, Chez ces dernières, l'abdomen est plan ou plus ou moins convexe dans le sens transversal, c'est-à-dire de gauche à droite; le premier arceau est souvent plus développé que les suivants; chez les Donacides, il atteint son summum et paraît aussi long que les autres réunis.

Chez les Camptosomes, cette partie du corps est beaucoup plus re- marquable et demande quelques développements.

En examinant à la face inférieure l’une ou l'autre espèce de cette section, on observe tout d'abord que l'abdomen présente une double courbure : l'une, en quelque sorte normale, a lieu transversalement, comme chez les autres Phytophages; l’autre, pour ainsi dire excep- tionnelle, se produit dans le sens de l'axe longitudinal du corps. Ces Courbures ne sont pas toujours dessinées au même degré, cependant

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les cas elles pourraient être révoquées en doute, sont très-rares, et d’ailleurs, d’autres caractères coexistent habituellement avec elles.

Le premier et le dernier des cinq arceaux qui composent l’abdo- men, sont plus longs et plus développés que les segments moyens ; ceux-ci sont comme écrasés entre les précédents; d'une largeur mé- diocre sur les côtés, ils se rétrécissent par l'effet de la courbare lon- gitudinale vers la ligne médiane et parfois même disparaissent en partie. ù

Le premier arceau ventral s'est agrandi non-seulement en longueur, mais aussi en largeur; il dépasse à cet égard la partie postérieure de la poitrine, la déborde sur les côtés et par des prolongements latéraux dirigés en avant, semble embrasser les parapleures métathoraciques.

Quant au cinquième ou dernier arceau ventral, quoique toujours plus allongé que les trois précédents, il est plus étroit et se rétrécit brusquement. Dans la très-grande majorité des espèces, il est creusé chez les fernelles d’une fossette plus ou moins profonde et de forme variable. Les mâles en sont généralement dépourvus; cependant à l'endroit qui correspond à cette fossette, on observe souvent soit une légère dépression, soit un espace plus lisse ou quelque dessin formé par la pubescence.

D'ordinaire, le dernier arceau dorsal de l'abdomen est de consis- tance membraneuse et recouvert par les élytres; dans la section des Camptosomes et encore par suite de la courbure longitudinale de l'abdomen, cet arceau reste à découvert et il à gagné une consistance cornée. En même temps, il a pris un grand développement et affecte le plus souvent une direction verticale. Comme cela arrive dans cer- taines espèces, les élytres sont plus développées que d'habitude et paraissent recouvrir l'extrémité de l'abdomen ; mais le pygidium n’en existe pas moins et s'aperçoit lorsqu'on retourne l'iusecte.

IL est admis en principe qu'un caractère acquiert une valeur d’au- tant plus grande qu'il se révèle dans un nombre plus considérable d'espèces. La structure de l'abdomen, telle que nous venons de l’ex- poser, est commune à deux ou trois mille Phytophages divisés en six tribus. Elle constitue le caractère fondamental de la division pri- maire adoptée dans cet ouvrage.

Ainsi que nous le verrons ci-après, cette conformation de l’abdo- men est intimement liée à l’organisation des larves des Campto- somes.

Il nous reste à parler des pattes. Ces organes, dans la famille ac- tuelle, servent non-seulement à la progression, mais encore au saut chez un grand nombre d'espèces.

L'insertion des hanches joue un certain rôle dans la classification. Habituellement les hanches postérieures, par suite de la longueur du métathorax, sont reportées en arrière ; le cas contraire se rencontre, et le groupe des Timarchites est caractérisé par ce fait, que les han-

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ches postérieures ne sont pas plus éloignées des intermédiaires que celles-ci ne le sont des antérieures. x

On comprend, d’un autre côté, que les Entomologistes n’ont pas négligé de tirer quelques bons caractères de l'éloignement plus ou moins grand des hanches d’une seule et même paire, comparé à celui des paires voisines. Rien de plus remarquable, sous ce rapport, qu’un petit insecte de l'Afrique australe et appartenant à la tribu des Eu- molpides, mais dont le genre n’est pas encore décrit. Dans ce petit Phytophage, les hanches postérieures sont si distantes l’une de l’autre que le bord externe des cavités cotyloïdes touche presque la marge des élytres, et cependant ces cavités sont presque circulaires.

La forme même des hanches et leur plus ou moins grande saillie des cavités elles s’articulent, peuvent servir à caractériser certains genres et même certaines tribus. C’est ainsi que chez les Chryso- mélides les hanches antérieures sont ovalaires et transversales, tandis qu'elles sont arrondies chez les Eumolpides.

Quant aux cuisses, les postérieures seules demandent une mention spéciale par le grand développement qu’elles acquièrent dans divers groupes. Comme chacun le sait, ce développement des cuisses est sou- vent lié à la faculté de sauter; les cuisses postérieures des Sagrides, des Donacides, de quelques Criocérides et de la plupart des Mégalopi- des sont plus ou moins renflées, et néanmoins ces insectes ne sautent jamais. Le prof. Lacordaire a eu très-fréquemment l’occasion d’obser- ver celles de ces espèces qui vivent dans l'Amérique du Sud, et jamais, il l'affirme d’une manière positive, il ne les a vues exécuter le plus petit saut, Par contre, certaines Galérucides du genre GRAPTODERA, qui ont des cuisses grêles, jouissent à un certain degré de la faculté sal- tatoire. On ne doit donc pas, dans le cas actuel, conclure de l'organe à la fonction. Tel est au moins le résultat acquis dans l’état actuel de nos connaissances. Cependant il y a lieu de croire que dans un avenir plus ou moins rapproché, et par une étude plus attentive, on parvien- dra, par la seule inspection des cuisses postérieures, à reconnaître quelles espèces jouissent ou non de cette faculté de sauter. En un mot, entre les différentes sortes de cuisses épaissies, on pourra distinguer lesquelles doivent être qualifiées de saltatoires. On sait déjà que chez les espèces éminemment sauteuses, la cuisse est creusée en dessous d'une rainure profonde pour loger la jambe, et que le tarse s'articule en deçà de l’extrémité apicale de cette dernière,

Tous les Phytophages sont distinctement subpentamères; chez tous, même chez les plus petites espèces, on peut reconnaître, à la base de l’article onguéal, un nodule plus ou moins distinet et qui correspond au article des tarses des Coléoptères pentamères. Jusqu'à ce jour, On n’a pas signalé d'exception à cette règle.

Chez tous également, les trois premiers articles des tarses sont plus ou moins élargis. Une seule exception nous est offerte par le genre

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HæmonrA, qui possède des tarses très-analogues à ceux des ELMIS ; on sait aussi que les espèces de ce genre ont des mœurs tout autres que celles des Phytophages en général. A la face inférieure de ces articles élargis se trouve une pubescence serrée qui forme une espèce de brosse plane. Cette structure est en rapport avec le genre de vie des Phytophages, et leur permet de parcourir en tous sens la surface po- lie des feuilles et des rameaux des arbustes.

La forme et la grandeur relatives de ces trois premiers articles des tarses sont infiniment variables et fournissent de bons caractères gé- nériques. On peut se borner à signaler la forme du 3°, qui est presque constamment bilobé; il n'y a guère d'exception, sous 0e rapport, que dans la tribu des Chrysomélides, les deux lobes sont intimement soudés. Le bord libre qui résulte de cette soudure est en général en- tier, deux ou trois genres seulement présentent une légère échan- crure. Celle-ci n’est pas à beaucoup près aussi profonde que chez les Eumolpides, et le caractère tiré du article des tarses demeure tou- jours le plus général et le plus facilement appréciable, lorsqu'il s'a- gira de distinguer ces derniers Phytophages de la tribu des Chryso- mélides.

Le dernier article des tarses s'articule à la base du 3°, qu'il soit bi- lobé ou entier. Il est plus ou moins long, plus ou moins robuste; par- fois sa longueur dépasse à peine celle des lobes entre lesquels il est inséré, comme on peut le voir chez les BRACHYDACTYIA, chez un grand nombre d'espèces appartenant à la tribu des Cassidides et la plupart des Hispides. Les OEdionychites de la tribu des Galérucides sont carac- térisées par la forme de cet article onguéal, qui est renflé et comme ampullacé au sommet. Une dernière structure se rencontre dans quel- ques genres (GASTROLINA, Cosmocramma) de la tribu des Chrysomé- lides : à la partie interne, sous l'articulation des crochets, cet article présente une ou deux dents plus saillantes dont il est utile de tenir compte.

Avant de terminer ces recherches, il nous reste à parler des ongles ou crochets du article des tarses. Le prof.